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Fiche Google ou site internet : faut-il vraiment les deux ?

Ce qu'une fiche d'établissement fait très bien, ce qu'elle ne fera jamais, et pourquoi les deux se renforcent au lieu de se remplacer. Avec les cas honnêtes où la fiche seule suffit.

· 7 min de lecture

Épingle de localisation bleue plantée sur une carte de ville miniature, reliée par un trait de lumière à une fenêtre de navigateur ambrée

Beaucoup d’artisans ont créé leur fiche d’établissement, reçoivent des appels grâce à elle, et en concluent logiquement qu’un site internet ne servirait à rien. Le raisonnement se tient. Il est même juste pour une partie d’entre eux.

Mais il repose sur une confusion fréquente : la fiche et le site ne font pas le même travail. L’une vous fait trouver, l’autre vous fait choisir. Voici comment trancher pour votre cas, sans discours commercial.

Ce qu’une fiche d’établissement fait très bien

Il faut commencer par là, parce que c’est souvent sous-estimé, y compris par ceux qui en ont une.

  • Elle vous place sur la carte. Pour une recherche du type métier plus ville, ce sont les fiches qui occupent le haut de l’écran, avant les sites. C’est le meilleur emplacement local possible, et il est gratuit.
  • Elle donne l’essentiel tout de suite. Le numéro, l’itinéraire, les horaires, la zone desservie. Un particulier presse un bouton et vous appelez.
  • Elle porte les avis. C’est de très loin l’élément le plus déterminant pour une petite entreprise locale. Aucun site, aussi beau soit-il, ne compense une absence totale d’avis.
  • Elle est immédiate. Une fiche bien remplie produit des effets en quelques jours ou semaines, quand un site neuf met des mois à s’installer dans les résultats.

Si vous ne deviez faire qu’une seule chose, ce serait celle-là. Et si votre fiche est incomplète, c’est là qu’il faut travailler avant de penser à un site.

Ce qu’une fiche ne fera jamais

C’est l’autre moitié du tableau, et elle est rarement expliquée.

Elle ne raconte rien. Une fiche affiche un nom, une catégorie, des horaires et des photos. Elle ne dit pas comment vous travaillez, ce que vous refusez de faire, comment se déroule un chantier chez vous, ni pourquoi vous coûtez plus cher que le devis d’à côté. Or c’est précisément ce que cherche quelqu’un qui hésite entre trois entreprises.

Elle ne prouve pas. Vous ne pouvez pas y présenter un chantier avant et après, avec sa durée, son budget et ce qui a été fait. C’est pourtant l’argument le plus efficace pour un artisan, celui qui remplace tous les adjectifs.

Elle ne vous appartient pas. Une fiche est hébergée par un tiers, soumise à ses règles, et peut être suspendue, fusionnée avec un doublon, ou modifiée par des suggestions extérieures. Cela reste rare, mais la conséquence est brutale : vous perdez d’un coup votre seule présence en ligne. Un site, lui, reste le vôtre.

Elle plafonne vite en dehors des requêtes de proximité. Une fiche ressort sur des recherches locales générales. Elle ne ressort pas sur les questions précises que tapent les gens avant de choisir : le prix d’une prestation, un délai, une aide financière, une comparaison entre deux solutions techniques. Ces recherches-là mènent à des pages de contenu, donc à des sites.

Elle ne collecte rien. Pas de formulaire de devis structuré, pas de pièces jointes, pas de questions posées d’avance. Vous récupérez des appels bruts, souvent pendant que vous êtes en haut d’une échelle.

Les deux ensemble : elles se renforcent

C’est le point que la plupart des articles ratent. Il ne s’agit pas de choisir le meilleur des deux, mais de comprendre qu’ils se nourrissent l’un l’autre.

Le site renseigné dans la fiche donne un point d’atterrissage à ceux qui veulent en savoir plus, et une partie des visiteurs de votre fiche cliquent effectivement dessus. À l’inverse, une fiche active et bien notée envoie vers votre site des gens qui n’auraient jamais tapé le nom de votre entreprise.

Trois règles pratiques pour que cela fonctionne :

  1. Le nom, l’adresse et le numéro doivent être écrits exactement pareil sur la fiche, sur le site et dans les annuaires. Les variations créent des doublons et brouillent le signal local.
  2. Renseignez l’adresse du site dans la fiche, et mettez sur le site un lien vers la fiche pour laisser un avis. Beaucoup de clients satisfaits en laisseraient un si on le leur demandait au bon moment.
  3. Les mêmes prestations, avec les mêmes mots. Si la fiche parle de « dépannage plomberie » et le site de « interventions sanitaires », vous divisez votre présence en deux.

Les cas où la fiche seule suffit vraiment

Autant le dire clairement, parce que c’est vrai pour certains.

  • Votre carnet est plein plusieurs mois à l’avance et vous refusez déjà des chantiers.
  • Vous travaillez presque exclusivement en sous-traitance pour deux ou trois donneurs d’ordre.
  • Vous êtes à moins de deux ans de la fin de votre activité.
  • Votre activité est très locale, très simple à comprendre, et se décide au téléphone en trois minutes.

Dans ces situations, mettez votre énergie sur la fiche, les photos et les avis. Le site attendra.

Les cas où la fiche ne suffit plus

  • Vous vendez cher, ou technique. Plus le montant grimpe, plus le client vérifie avant d’appeler, et plus l’absence de site devient un handicap face à un concurrent qui en a un.
  • Vous voulez choisir vos chantiers. Un site filtre : en expliquant ce que vous faites et ce que vous ne faites pas, vous recevez moins d’appels, mais mieux ciblés.
  • Vous embauchez. Un candidat regarde l’entreprise avant de postuler, exactement comme un client.
  • Vous démarrez ou vous changez de zone. Sans historique ni avis, il vous faut un endroit qui montre votre travail.
  • On vous recommande souvent. C’est le cas le plus fréquent et le plus sous-estimé : la personne à qui l’on a parlé de vous cherche votre nom. Ce qu’elle trouve à ce moment précis décide de l’appel.

Questions fréquentes

Puis-je mettre ma page sur un réseau social comme site dans ma fiche ?

C’est possible et c’est mieux que rien, mais cela reste un profil chez un tiers, avec les mêmes limites que la fiche : vous ne le possédez pas, et son contenu est difficile à retrouver dans une recherche. À considérer comme une étape, pas comme une destination.

Un site améliore-t-il le classement de ma fiche ?

Personne à l’extérieur ne connaît le détail du classement local, et il faut se méfier de qui l’affirme. Ce que l’on sait : la cohérence des informations entre vos différentes présences, l’activité de la fiche et les avis comptent. Un site cohérent avec la fiche va dans le bon sens, il n’est pas une garantie.

Combien de pages faut-il pour commencer ?

Quatre ou cinq suffisent largement : ce que vous faites, vos réalisations, votre zone d’intervention, qui vous êtes, comment vous joindre. Une page complète vaut mieux que trois pages vides.

Que faire en priorité si je n’ai ni l’un ni l’autre ?

La fiche, sans hésiter. Complète, avec de vraies photos de vos chantiers, la bonne catégorie d’activité, la zone desservie, et une demande d’avis systématique en fin de chantier. Le site vient ensuite, une fois cette base en place.

En bref

  • La fiche vous fait trouver, le site vous fait choisir. Ce ne sont pas deux versions de la même chose.
  • La fiche gagne sur l’immédiateté, la carte et les avis. Elle ne raconte rien, ne prouve rien et ne vous appartient pas.
  • Le site gagne sur la preuve, les recherches précises et le fait de vous appartenir vraiment.
  • Nom, adresse et numéro identiques partout, adresse du site dans la fiche, mêmes mots pour les mêmes prestations.
  • Si vous n’avez rien, commencez par la fiche. Si vous vendez cher, si on vous recommande souvent ou si vous voulez trier vos chantiers, le site devient utile.

Pour voir concrètement ce qu’un site apporte en plus d’une fiche, vous pouvez visiter un exemple de site d’artisan en entier, avec ses réalisations chiffrées et sa demande de devis.