Site internet

Combien coûte un site internet pour un artisan ?

Les ordres de grandeur réels selon la solution choisie, ce qui fait vraiment varier la facture, les frais récurrents que personne n'annonce, et les questions à poser avant de signer pour ne pas payer un site qui ne vous appartient pas.

· 8 min de lecture

Balance de précision : sur un plateau une page web lumineuse en bleu, sur l'autre une pile de jetons dorés

C’est la première question posée, et c’est presque toujours la mauvaise. Un site internet n’a pas de prix de catalogue, parce que sous ce mot on met des choses qui n’ont rien à voir entre elles : une page faite en deux heures sur un abonnement mensuel, et un site qui vous ramène des chantiers pendant cinq ans.

La bonne question est plutôt : qu’est-ce qui est compris, qu’est-ce qui reste à payer chaque année, et qu’est-ce qui m’appartient à la fin ? Voici de quoi y répondre avant de demander un devis.

Les quatre façons d’avoir un site, et ce qu’elles coûtent vraiment

Le faire soi-même sur un constructeur en ligne

Les plateformes qui proposent de créer son site en glissant des blocs se situent en général autour de 10 à 30 € par mois, souvent avec la première année en promotion. Sur le papier, c’est imbattable.

Le coût réel est ailleurs. D’abord votre temps : compter une à deux journées pour arriver à quelque chose de présentable, et beaucoup plus si vous voulez écrire des textes qui donnent envie d’appeler. Ensuite, la dépendance : vous louez votre site. Le jour où vous arrêtez de payer, il disparaît, et vous ne pouvez pas l’emporter ailleurs. Enfin, l’écueil le plus fréquent : le site est mis en ligne à moitié rempli, avec un menu resté en « Page 2 » et une rubrique Réalisations vide. Un visiteur qui tombe là-dessus repart chez le concurrent.

Cette solution reste défendable si vous êtes à l’aise avec un ordinateur, si vous avez du temps, et si vous acceptez de repartir de zéro en cas de changement de plateforme.

Le faire faire par une connaissance

Le neveu étudiant, le beau-frère « qui touche en informatique ». Le prix est imbattable, parfois nul, et le résultat est souvent correct au départ.

Le problème arrive six mois plus tard, quand il faut changer un numéro, ajouter une prestation ou remettre le site en ligne après un incident. La personne a un travail, une vie, et votre site n’est plus sa priorité. Beaucoup d’artisans se retrouvent avec un site qu’ils ne peuvent plus modifier, dont ils n’ont pas les accès, et parfois dont ils ne connaissent même pas l’hébergeur.

Si vous choisissez cette voie, exigez dès le premier jour d’être propriétaire du nom de domaine et de détenir vous-même les accès.

Un indépendant

C’est la solution la plus courante pour une entreprise artisanale. Les fourchettes observées vont de quelques centaines d’euros à environ 2 000 € pour un site vitrine, avec des écarts énormes selon ce qui est réellement inclus.

L’intérêt n’est pas seulement le prix, c’est l’interlocuteur : une personne identifiée, qui répond au téléphone, et qui peut modifier un texte dans la journée. L’inconvénient, c’est la variabilité. Deux devis au même montant peuvent recouvrir des prestations totalement différentes, d’où l’importance des questions plus bas.

Une agence

Les tarifs démarrent en général autour de 2 000 € et montent facilement au-delà de 5 000 €. C’est le bon choix quand il y a un vrai enjeu de marque, plusieurs sites, une boutique en ligne, ou une équipe interne à coordonner.

Pour un artisan seul ou avec deux salariés, qui veut simplement que le téléphone sonne, c’est généralement disproportionné.

Ce qui fait vraiment varier le devis

À prestation comparable, cinq facteurs expliquent l’essentiel de l’écart.

  • Le nombre de pages. Un site d’artisan efficace en compte souvent moins de six. Multiplier les pages multiplie le prix sans rien apporter.
  • Le contenu. C’est le poste le plus sous-estimé. Si les textes et les photos sont à produire, cela représente une part importante du travail. Si vous fournissez des photos de chantiers et savez décrire vos prestations, le devis baisse nettement.
  • Les fonctions. Un formulaire de devis qui arrive par e-mail est simple. Une prise de rendez-vous en ligne, un espace client ou un paiement changent de catégorie.
  • Création ou refonte. Reprendre un site existant peut coûter plus cher que repartir de zéro, surtout s’il faut conserver les adresses des pages pour ne pas perdre le référencement acquis.
  • Le sur-mesure ou le modèle. Un modèle adapté à votre métier coûte moins cher qu’un design dessiné pour vous. Pour un site vitrine, la différence de résultat commercial est faible.

Les frais récurrents que personne n’annonce spontanément

Un site n’est pas un achat unique. Chaque année, il faut compter :

  • le nom de domaine, en général de l’ordre de 10 à 20 € par an ;
  • l’hébergement, souvent entre 30 et 150 € par an pour un site vitrine ;
  • une adresse e-mail professionnelle au nom de votre entreprise, quelques euros par mois, parfois incluse ;
  • la maintenance, c’est-à-dire les mises à jour techniques et les sauvegardes. Selon la technologie employée, elle est facturée en abonnement ou quasi inexistante.

Ce dernier point mérite attention. Un site construit sur un système à extensions demande des mises à jour régulières, sous peine de casse ou de faille de sécurité. Un site en pages statiques n’a presque rien à entretenir. Demandez toujours ce qu’il faudra faire, à quelle fréquence, et par qui.

Les six questions à poser avant de signer

Posez-les telles quelles. Les réponses valent mieux qu’une comparaison de montants.

  1. À qui appartient le nom de domaine ? La seule bonne réponse est : à votre entreprise, déposé à votre nom. Si le prestataire le dépose au sien, vous êtes prisonnier.
  2. Qu’est-ce que je récupère si on arrête de travailler ensemble ? Les fichiers du site, les accès à l’hébergement, les photos.
  3. Les textes sont-ils inclus ? Beaucoup de devis bas supposent que vous les fournissez. C’est légitime, mais il faut le savoir avant.
  4. Quel délai, et qu’est-ce qui bloque ? Dans les faits, ce qui retarde un site, c’est presque toujours l’attente des photos et des informations de votre côté.
  5. Combien coûte une modification après la mise en ligne ? Changer un numéro, ajouter une prestation, publier trois photos de chantier.
  6. Que se passe-t-il si le site tombe un samedi ? Sans réponse claire, considérez qu’il n’y en a pas.

À partir de quand est-ce rentabilisé ?

Aucun prestataire sérieux ne vous promettra un nombre de clients. En revanche, le calcul de rentabilité, vous pouvez le faire vous-même, et il est simple.

Prenez le montant moyen d’un chantier que vous acceptez volontiers, et votre marge dessus. Comparez au coût du site sur trois ans, frais annuels compris. Pour la plupart des activités artisanales, le seuil se situe à un ou deux chantiers supplémentaires sur toute la durée de vie du site. Formulé ainsi, l’arbitrage devient nettement plus lisible qu’un montant brut.

Deux précisions honnêtes. Un site ne remplace pas le bouche-à-oreille, il le prolonge : la personne à qui l’on vous a recommandé cherche votre nom, et ce qu’elle trouve décide de son appel. Et un site seul, sans fiche d’établissement à jour ni avis, produit peu. Ce sont les deux ensemble qui fonctionnent.

Les trois pièges les plus coûteux

Payer un site que vous ne possédez pas. C’est le plus grave, parce qu’on ne s’en aperçoit qu’au moment de partir. Vérifiez le nom de domaine avant tout le reste.

L’abonnement sans fin pour un site figé. Payer tous les mois se justifie s’il y a un service en face, hébergement, sauvegardes, modifications. Payer pendant quatre ans un site auquel personne n’a touché revient bien plus cher qu’un achat.

Le site jamais terminé. Une rubrique Réalisations vide, une page « À propos » avec le texte d’exemple d’origine, un formulaire qui n’envoie rien à personne. Mieux vaut trois pages complètes que huit pages à moitié faites. Et testez le formulaire vous-même une fois par trimestre.

Questions fréquentes

Un artisan a-t-il vraiment besoin d’un site aujourd’hui ?

Si votre carnet est plein pour l’année et que vous refusez déjà des chantiers, ce n’est pas votre priorité. Dans les autres cas, le site sert surtout au moment de la vérification : on vous a recommandé, la personne cherche votre nom avant d’appeler, et ce qu’elle voit à cet instant fait la différence.

Faut-il un site ou une simple page ?

Une page unique bien faite, avec vos prestations, votre zone d’intervention, quelques réalisations et un moyen de vous joindre, vaut mieux qu’un site de dix pages vides. Vous pourrez toujours l’étoffer ensuite.

Combien de temps faut-il pour être visible sur Google ?

Personne ne peut le garantir, et méfiez-vous de qui l’affirme. Ce qui est certain : une fiche d’établissement bien remplie donne des effets locaux beaucoup plus rapides qu’un site neuf, et les deux se renforcent.

Le référencement est-il compris dans le prix ?

Cela dépend de ce que l’on appelle référencement. Écrire correctement votre métier, votre ville et vos prestations dans les pages fait partie du travail normal et devrait être compris. Une campagne de référencement mensuelle est une prestation distincte, avec son propre budget.

En bref

  • Le prix seul ne veut rien dire : ce qui compte, c’est le contenu du devis, les frais annuels et la propriété du domaine.
  • Ordres de grandeur : abonnement de 10 à 30 € par mois en autonomie, quelques centaines à 2 000 € chez un indépendant, à partir de 2 000 € en agence.
  • Prévoyez chaque année le domaine, l’hébergement, l’e-mail professionnel et, selon la technologie, la maintenance.
  • Le poste le plus sous-estimé est le contenu : fournir vos photos et vos descriptions fait baisser la facture.
  • Le seuil de rentabilité se raisonne en nombre de chantiers supplémentaires sur trois ans, pas en montant brut.

Si vous voulez voir à quoi ressemble un site d’artisan terminé avant d’engager quoi que ce soit, vous pouvez regarder un exemple complet et demander un devis. Le site de démonstration est visitable en entier, comme le verrait un client.